“Le sommeil c’est la moitié de la santé” – Aristote

Comment le sommeil renforce la mémoire à long terme : Prenez en soin !

Le sommeil joue un rôle essentiel dans notre santé et notre bien-être. Il contribue à la récupération et à la régénération, et peut également aider à améliorer la mémoire à long terme. Bien sûr, le sommeil apporte bien d’autres bienfaits. La relation entre sommeil et mémoire est assez complexe à prouver. Je vous propose de m’appuyer sur des recherche scientifique poussées pour vous expliquer plus simplement ce mécanisme.

Avant tout, sachez que la plupart des recherches explorant la relation entre le sommeil et la mémoire se concentrent sur des jeunes adultes. De plus il y a plusieurs types de mémoire. Ici, on se focalise sur la mémoire procédurale et épisodique.

Voici tous les types de mémoires par DYS Positif.

Les différents types de mémoire et les expériences scientifiques

Afin de comprendre au mieux, voici les 4 phases des cycles de sommeil que l’on répète chaque nuit.

Pour ceux qui veulent les résultats immédiatement, voici les conclusions des multiples expériences ! L’absence de lien montre simplement que l’Homme n’en a pas encore trouvé. Ce n’est pas impossible de trouver des synergies à l’avenir.

Tableau avec les résultats des expériences sur el lien entre sommeil et mémoire. On retrouve les résultats pour les adultes et les enfants en fonction de la phase de sommeil et du type de mémoire.

Le sommeil et la mémoire procédurale chez l’adulte

Le sommeil joue un rôle crucial dans le renforcement des souvenirs, un fait mis en évidence par de nombreuses études sur la privation et le manque de sommeil. Ces études varient, allant de la privation totale à des privations plus ciblées, comme supprimer uniquement certaines phases du sommeil pour comprendre leur impact spécifique.

Par exemple, on a découvert que le sommeil paradoxal est essentiel pour consolider notre mémoire procédurale, ce qui inclut des compétences allant du dessin en miroir à la résolution de problèmes complexes comme la tour de Hanoï. D’autres phases, comme le sommeil lent profond et le stade 2, semblent aussi jouer un rôle dans ce processus. Une étude pharmacologique récente a toutefois montré que bloquer le sommeil paradoxal n’affectait pas forcément l’amélioration de certaines compétences durant la nuit, suggérant que d’autres facteurs liés au sommeil paradoxal, tels que l’activité de certains neurotransmetteurs ou gènes, pourraient être les véritables catalyseurs de cette consolidation mnésique.

Ainsi, ce n’est pas spécifiquement le sommeil paradoxal qui favorise la consolidation de la mémoire, mais plutôt certains processus qui lui sont liés, comme l’activité cholinergique ou l’expression de gènes jouant un rôle dans la plasticité synaptique.

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Sommeil et mémoire épisodique chez l’adulte


Des recherches sur l’apprentissage de paires de mots, liés ou non sémantiquement, ont révélé que le sommeil lent profond, dominant en début de nuit, est propice à la consolidation de ce type d’apprentissage. L’attention s’est ensuite tournée vers les fuseaux de sommeil, avec des découvertes indiquant que leur densité augmente après l’apprentissage et que cette augmentation est liée à la fois aux capacités d’apprentissage avant le coucher et à l’amélioration des performances mnésiques après le sommeil, soulignant leur importance dans la consolidation de la mémoire épisodique. Toutefois, les résultats varient selon les études : certaines mettent en avant l’effet positif du sommeil paradoxal sur la mémorisation de textes émotionnels, probablement dû à l’activité accrue de l’amygdale durant cette phase. Par ailleurs, une étude spécifique a montré que le sommeil paradoxal améliore la consolidation de la localisation spatiale et des détails des souvenirs, tandis que le sommeil lent profond bénéficie à la mémorisation des aspects temporels, indiquant que différentes phases de sommeil soutiennent différents types de consolidation mnésique.


Récemment, l’étude du lien entre sommeil et mémoire continue d’avancer. Notamment grâce à l’imagerie cérébrale fonctionnelle. Par exemple, une recherche utilisant la tomographie par émission de positons révèle que l’hippocampe, une région du cerveau stimulée lors d’une tâche de navigation dans une ville virtuelle, était de nouveau actif pendant le sommeil lent profond après l’apprentissage. Plus intéressant encore, l’intensité de cette réactivation hippocampique pendant la nuit était directement liée à l’amélioration des performances le jour suivant, soulignant l’importance du sommeil lent profond dans le processus de consolidation de la mémoire.

La mémoire et le sommeil chez les enfants : une période trouble

Le sommeil évolue beaucoup jusqu’à 15 ans

L’enfance est une phase de développement remarquable, marquée par une grande capacité d’apprentissage et une plasticité cérébrale et comportementale exceptionnelle. Durant cette période, les cycles de sommeil chez le bébé jouent un rôle crucial, notamment le sommeil lent profond, très présent chez l’enfant et qui diminue avec l’âge. Dès les premières semaines de vie, le sommeil s’organise en cycles, alternant entre sommeil calme et agité, et s’ajuste progressivement au rythme jour-nuit, influencé par la lumière et les interactions sociales.

Les caractéristiques du sommeil de l’adulte commencent à se dessiner vers 8 semaines avec l’apparition des premiers fuseaux de sommeil.

Entre 6 mois et 4 ans, alors que le sommeil diurne régresse, le sommeil nocturne s’intensifie et se structure, avec des cycles qui s’allongent pour atteindre la durée adulte de 90 minutes. Cette période est également marquée par l’émergence des complexes K vers 6 mois. À l’âge scolaire, entre 4 et 12 ans, le temps total de sommeil diminue du fait de la suppression de la sieste. Dans le même temps, les enfants bénéficient d’un sommeil nocturne profond et réparateur.

L’adolescence, quant à elle, voit son sommeil impacté par les exigences scolaires et sociales, conduisant souvent à un décalage entre les besoins physiologiques de sommeil et leur satisfaction. On a donc l’installation d’une dette de sommeil et à une somnolence diurne. Cette période exige une attention particulière pour préserver la qualité et la quantité de sommeil, essentielles au bien-être et au développement optimal.

Le lien avec la mémoire selon notre expérience

Dans leur étude sur des enfants de 6 à 8 ans, on explore la consolidation de la mémoire procédurale à travers une épreuve de finger tapping (évalue l’aptitude à répéter le même geste : l’opposition pouce-index durant une durée de temps de 10 secondes).

En parallèle, on teste aussi la mémoire épisodique à l’aide d’une tâche de mémorisation d’objets dessinés sur des cartes et leur emplacement, ainsi qu’une tâche d’apprentissage de paires de mots.

En conclusion : Ils ont découvert que, pour les tâches de mémoire épisodique, les performances des enfants s’amélioraient de manière significative après une période de sommeil, en comparaison avec une période de veille diurne de durée similaire.

Le lien entre mémoire et sommeil chez les séniors

Avec l’âge, le sommeil subit des transformations qui peuvent affecter négativement la consolidation de nos souvenirs. Les personnes âgées rapportent souvent des difficultés à dormir de manière continue, un sommeil peu réparateur, un réveil trop matinal et une tendance à somnoler pendant la journée. Ces plaintes correspondent à des changements observés dans les mesures polysomnographiques : le sommeil devient plus fragmenté, avec plus de réveils nocturnes et une réduction de l’efficacité du sommeil, souvent inférieure à 80 %. Dès la trentaine, la part du sommeil lent profond diminue significativement, au profit des phases de sommeil plus léger.

Les enregistrements électro-encéphalographiques montrent également une diminution des ondes delta, caractéristiques du sommeil profond, à la fois en nombre et en amplitude. De même, les fuseaux de sommeil et les complexes K, typiques du stade 2, se font plus rares, moins distincts et de moindre amplitude. Le sommeil paradoxal, quant à lui, commence à être affecté après 50 ans, mais moins sévèrement que le sommeil lent profond. Les changements incluent une durée constante des épisodes de sommeil paradoxal au lieu d’une augmentation au cours de la nuit, une apparition plus rapide de cette phase et une réduction de l’intensité des mouvements oculaires rapides. Ces modifications reflètent les défis posés par le vieillissement sur la qualité du sommeil et sa fonction dans la consolidation mémorielle.

L’importance des rythmes circadiens

Les rythmes circadiens jouent également un rôle important dans la consolidation des souvenirs à long terme. Les études montrent que les personnes qui dorment pendant les heures de pointe – c’est-à-dire entre 22 h et 4 h – ont un meilleur taux d’apprentissage et une mémoire plus forte à long terme. Les chercheurs pensent que cela est dû au fait que le corps est naturellement programmé pour s’adapter aux fluctuations du jour et de la nuit.

En conclusion, le sommeil joue un rôle crucial dans le renforcement de la mémoire à long terme. Les différents types de sommeil profond, ainsi que les rythmes circadiens, peuvent aider à consolider les souvenirs et à optimiser l’apprentissage. Il est donc important de veiller à obtenir suffisamment de repos chaque nuit pour bénéficier pleinement des avantages cognitifs du sommeil.

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